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Durant 20 ans, la peinture de Nicole fut une recherche
méthodique, un travail mathématique poussé
à ses limites : jusqu’où était il possible
de juxtaposer, carrés par carrés, les couleurs, les
matières, les motifs ? Puis cette recherche a pris fin,
elle s’en est affranchie, pour enfin trouver son propre chemin
dans la peinture.
« Aujourd’hui je peux faire ma peinture ».
Plutôt que de juxtaposer, Nicole veut mélanger, avec le
souci d’une constante évolution. Elle chemine
à travers sa peinture, à travers ce qui l’habite,
l’incarne, l’inspire, elle veut mélanger les
ailleurs qui l’ont façonnée, le Maroc qui a
imprégné son enfance de ses arabesques, la musique qui
occupe son espace lorsqu’elle peint, cette force, divine
peut-être, qui l’habite et l’accompagne pour
créer.
"En permanence, je pense peinture"
Nicole construit son œuvre couleur par couleur. Et pour chacune
de ses œuvres, elle a besoin d’un travail figuratif, qui
nourrit sa peinture. Les sujets figuratifs sont pour elle le
générateur de l’envie de créer, le figuratif
qu’elle peint lui amène un ton, des formes, des couleurs.
Ce travail figuratif, ce peut être peindre ou bien regarder,
observer le monde qui l’entoure. C’est un travail conscient
et permanent, auquel elle est très vigilante car il faut savoir
s’écouter et aussi s’oublier parfois. Ce qui compte,
c’est ce que son travail va devenir. Et son travail,
c’est dans un état de presque méditation
qu’il se passe.
Nicole, pour commencer un travail de peinture, a besoin de se centrer.
Par la musique, le calme, mais aussi, par de petites touches de
création qui lui permettront de se vider, du négatif
comme du positif, se nettoyer de tout ce qui peut entraver le processus
de création. Écrire quelques mots, dessiner, des
premières œuvres, sortes de brouillons qui lui serviront
déjà à trouver les couleurs les formes qui
habiteront son œuvre de demain.
Ensuite elle peint, des toiles figuratives, des paysages,
où se retrouvent les ambiances qu’elle souhaite travailler
à ce moment-là, certains mélanges de couleurs, de
formes. Puis de plus en plus vers l’abstraction, vers de plus
grands formats. Elle peint vite, elle essaye, se joue des couleurs, des
matières, des formes, chacune de ses toiles renferme un peu de
celle d’avant, une évolution constante, entre figuratif et
abstrait, entre petites et grandes toiles… Jusqu’au
résultat : la toile qu’elle voulait.
Irène Almès
Journaliste écrivain |